Ivar, Timewalker.

Scénariste/Dessinateur : Fred Van Lente, Clayton Henry, Francis Portela et Père Pérez.

Editions : Valiant, Bliss Comics.

« VENEZ AVEC MOI SI VOUS VOULEZ MARQUER L’HISTOIRE »

En ce moment même, à Genève, l’Histoire est en train de s’écrire. À cent mètres de profondeur, dans le Grand Collisionneur de Hadrons, au CERN, la physicienne Neela Sethi est sur le point de découvrir le voyage dans le temps… Et mettre sa vie en danger par la même occasion. Elle ne le sait pas encore, mais dans dix minutes, des chrononautes bons à rien et de prétendus conquérants de l’espace-temps viendront frapper à sa porte pour la mettre hors d’état de nuire. Heureusement, le légendaire Ivar, le marcheur temporel, arrive à temps pour la sauver… et lui faire entrevoir son destin. Ensemble, ils vont parcourir le temps dans une course contre la montre pour sauver passé, présent et futur de la menace ultime d’Oubli-1…

Mon avis :

Dans les premières pages du comics nous faisons la connaissance du Docteur Neela Sethi, une jeune chercheuse indienne, qu’on découvre très proche de son père décédé et sur le point de faire une découverte qui va changer l’histoire, mais pas forcément pour le meilleur. Rapidement, entre aussi en scène Ivar qui va embarquer notre scientifique dans une aventure au rythme soutenu, à travers notre histoire et dans notre futur. On suit, parfois avec un peu de peine, les dangers, les rebondissements et les déconvenues de nos voyageurs temporels à travers leur quête pour sauver le monde du chaos projeté par l’affreuse « Maitresse » sur la planète Oubli-1.

Ne connaissant pas du tout l’univers Bliss Comics, c’est la référence à Doctor Who qui m’a amenée vers l’histoire d’Ivar, car je suis une fan inconditionnelle de la série. Pourtant, Je n’ai pas toujours eu de bonnes expériences avec les voyages temporels : J’ai moyennement apprécié les célébrissime : Retour vers le futur. Certes, J’ai bien ri à certaines blagues mais le personnage de Doc m’insupporte. Plus tard, J’ai retenté ma chance avec Paper Girls mais la rythmique trop molle ne m’a pas emportée. Cependant, Doctor Who est un véritable coup de cœur, alors lorsque j’ai vu la mention sur la quatrième de couverture j’ai foncé. Malheureusement, la lecture n’a pas été à la hauteur de mes attentes, que j’avais peut-être placée trop haut.

Certes, les principes et les règles du voyages temporelles sont respectées, le récit est tout à fait cohérent et il n’y a pas eu de contre-sens ou de paradoxes qui m’ont fait tiquer, comme c’est le risque dans ce type d’histoire. Le traitement de cette technologie en elle-même est intéressant car le regard est neuf. Les voyageurs temporels se déplacent dans le temps grâce à des failles qui se forment à un certain endroit et moment précis, qu’il ne faut pas louper au risque de rester bloqué dans une époque. Cette contrainte est à la fois plaisante et pénible : On découvre une multitude de périodes et de lieux différents mais on n’a pas le temps de profiter de l’histoire et d’apprécier vraiment ce qui est esquissé. D’une manière générale, la rapidité est pour moi un des grands defaults de ce comics peut-être trop ambitieux. On ne peut pas s’approprier son univers car toutes les informations et les personnages sont introduits beaucoup trop vite. J’ai souvent été perdue et j’ai continué à lire parfois sans vraiment comprendre les aspects techniques. C’est très pénible à la longue. Cette précipitation nous empêche aussi de nous attacher aux personnages. On aurait pourtant adoré vibrer pour cette histoire d’amour passionnément impossible qui nous est proposée. Mais malheureusement au moment crucial, pas vraiment d’émotion car les personnages viennent de se rencontrer et le lecteur lui-même les connait à peine.

Le comics a pourtant de nombreuses qualités. Les chapitres ne sont pas tous traités sur le mode. Il ne s’agit pas seulement de suivre les personnages dans un monde et une époque nouvelle à chaque fois. Par exemple, un chapitre est construit sur les différentes version de Neela qui essayent désespérément de changer un même point de l’histoire. Dans un autre on suit ce qui se passe avant l’aventure en elle-même avec le recrutement des « sidekick ». De même, dans la trame narrative, les vilains parviennent à semer le chaos et à mélanger tous les points de l’histoire. Cela permet aux scénaristes de nous montrer l’ampleur de leur imagination. On se retrouve donc avec jubilation dans le monde de la Rome antique dirigé par… des dinosaures ! Les combats de gladiateurs reptiles valent le détour. Enfin, les réflexions éthiques sur les problèmes que pauserait les changements de l’histoire sont traités de manière originale : dans ce type de voyage, les modifications seraient impossibles, quoi qu’on fasse ! Malheureusement, nous n’échappons pas au fameux « Allons tuer Hitler » (même si d’accord, le but est un peu différent).

Je ne m’attarderai pas sur les dessins qui tout en étant sympathiques, ne m’ont pas transcendée.

Pour résumer : de bonnes intentions, de très bonnes idées mais malheureusement, la sauce ne prend pas. Il aurait fallu selon moi plus de pages pour mûrir et développer cette histoire. Une grande déception donc.

5/10

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